mirae

11 octobre 2006

Message urgent

Merci du fond du coeur pour vos mots qui vous ont peut-être paru désuets, mais que j'ai lus avec beaucoup d'intérêt et qui m'ont tous touchés. Je voulais juste vous dire que je continuais malgré tout à vivre et que plus que jamais je veux trouver les clés qui ouvriront les portes. Je vais commencer très bientôt un travail sur moi-même, aidée d'un professionnel, c'est devenu indispensable. Mes questionnements ne trouveront de réponse que dans l'écho que me renverra cet inconnu, écho que je ne trouve plus en moi.

Pardon de n'être pas plus présente, je n'en ai peut-être pas très envie en ce moment, en tout cas je ne parviens pas à m'exprimer davantage.

Je tenais aussi à faire passer ici le message urgent qui suit, l'appel désespéré d'une de mes amies que je relaie et auquel je vous demande de prêter attention. On ne se sent malheureusement concernés que quand on est touchés. Lisez ce qui suit et agissez. Merci pour eux.

Bonsoir à tous,
Je fais suivre à chacun de vous ce mail que je reçois de mon amie dont le mari, J., atteint d'une maladie de Hodgkin, actuellement en cours de chimiothérapie, attend une greffe de cellules souches. Merci de le lire et merci surtout d'agir, pour lui peut-être, pour d'autre sûrement.
Amitiés à tous.


Objet : Greffe J.

Coucou à tous,

Comme vous le savez J. attend une greffe de cellules souches (dans la moelle osseuse) pour pouvoir retrouver la forme. Actuellement avec les recherches de l'hôpital un donneur 100% compatible n'a pas été trouvé. Ils recherchent maintenant un donneur compatible à 90%, puis ensuite 80% si ça n'aboutit pas.

Même si les chances sont faibles, il est possible de déterminer notre groupage HLA , en quelque sorte notre "Carte d'identité génétique ", pour rechercher une éventuelle compatibilité avec J.. Il s'agit d'une prise de sang toute simple que vous pouvez effectuer dans un centre de Don du sang.

Si ça marche il y aura un prélévement de cellules dans votre sang (80% des cas) ou dans votre moelle (20% des cas).

Pour plus d'infos, vous pouvez appeler les centres de don du sang, ou tout simplement en parler à votre médecin traitant.

Si malheureusement ce n'est pas pour J., ce sera peut être pour quelqu'un d'autre....

N'hésitez pas à en parler autour de vous et à envoyez ce mail si vous le
souhaitez, ce sera un super geste ......
Merci


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01 octobre 2006

Faux départ

Petite histoire à revoir. Petite histoire.... au revoir. Petite vie. Petits sentiments. Mauvais pressentiment. Petits riens. Gros chagrin.

Baisser les bras. Laisser tomber les bras. Baisser les yeux. Ne plus voir. Je croyais, j'y crois plus.

Vie parasitée. Vie brouillée. Vie de merde ! J'ai peur... Peur de quoi ?

Si ma vie s'arrêtait demain, que pourrais-je en retenir ? Rien, rien de ce qui est essentiel. Je suis dans un no-man's land depuis dix ans. Plutôt j'y ai tourné en rond. La boucle est bouclée, je suis repassée par la case départ. Je n'ai plus de force, je suis épuisée, vidée. Mon sourire sonne faux. Ton sourire est une grimace.

Je n'ai pas trouvé le sens, je n'ai pas trouvé de sens. Je me suis trompée de direction. Je suis perdue.

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03 septembre 2006

Passion

J'aime les passionnés. Quelle que soit la passion d'ailleurs. Hier encore j'étais en face d'un passionné. Sa passion ? La première guerre mondiale. On ne peut pas dire que la chose soit dans mes centres d'intérêt pourtant je ne me lassais pas de l'écouter, d'en prendre plein les oreilles et ma curiosité. La moindre question fait l'objet d'une réponse détaillée avec cette façon fougueuse,... passionnée (je n'ai pas trouvé de terme plus juste) de parler. Des mots dits avec conviction, des gestes pour accentuer les mots, un regard insistant pour bien faire comprendre, sourire aux lèvres parce qu'il est heureux d'en parler et puis redire encore les choses si nécessaire avec d'autres mots, d'autres gestes, d'autres exemples, le passionné a des tas d'histoires à raconter. Et je suis comme une petite fille devant eux, les yeux écarquillés, bouche bée, impressionnée, avide de savoir plus encore, même si je ne retiendrai certainement qu'une toute petite partie de l'histoire

C'est quoi un passionné (selon moi) ? Et bien, selon moi donc, c'est quelqu'un qui s'intéresse à une chose, même si celle-ci est vaste, d'ailleurs la chose est souvent vaste tellement le passionné va y chercher toutes les ramifications et toutes les diversions, tout en revenant toujours à la base de sa passion. La base, à bien l'écouter, elle est en lui depuis qu'il est tout petit, les quelques exemples que j'ai en tête me confirment la chose. Un détail dans l'enfance qui a grandit, qui a peut-être divergé, qui lui a fait construire sa vie, ses envies autour de ça, qui a éveillé sa curiosité d'enfant et qui jamais ne l'a éteinte. Le passionné est un chercheur, un créateur, un narrateur, un partageur.

Moi j'aime beaucoup de choses... mais je n'ai pas de passion. Je fonctionne plus à la sensibilité. Je suis donc sensible, entre autres, aux passionnés. Je survole ces choses que j'aime sans aller chercher plus loin. Je me laisse bercer par elles, parce qu'elles me font plaisir, mais dans aucune d'entre elles je ne me suis investie complètement. Je picore à droite et à gauche, au gré de mes envies du moment. Ça ne me rend pas malheureuse mais peut-être superficielle, sûrement en tout cas aux yeux des passionnés.

Je me demande quand même si ces passionnés ont la même écoute que moi quand ils se retrouvent en face d'autres passionnés dans des domaines totalement différents.

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31 août 2006

DCD

Trois lettres écrites au marqueur noir indélébile sur un dossier, sur la pochette kraft déchirée et usée d’un dossier bien souvent très lourd, plus ou moins ancien. Le temps est relatif. Un dossier avec un numéro, une année. Un dossier surtout avec un nom écrit au marqueur indélébile, sur la pochette kraft déchirée et usée par les manipulations, trop souvent rangé, sorti, trimbalé entre la consultation et l’hospitalisation, la consultation et l’intervention, l’intervention et la chimio.

Un nom, un patient, une personne, une famille derrière un nom. Autant de personnes qu’on a connues, soignées, suivies et qui partent un jour, pour toujours.

Parfois ce sont les frères, les sœurs, les enfants qu’on revoit, sans plaisir. On ouvre alors un nouveau dossier, un dossier blanc qu’on glissera dans une grande pochette kraft avec les radios, les scanners, IRM et autres échographies et sur laquelle on écrira le nom, le prénom, un numéro avec une année au marqueur indélébile.

Chaque patient est différent, parce que nous sommes chacun quelqu’un d’autre. On s’attache à ceux là, on ne supporte pas la suffisance d’autres. Mais quels qu’ils soient, le combat est le même, parfois peine perdue d’avance. D’autre fois, trop rares, la maladie est vaincue, définitivement. D’autre fois encore, c’est comme si elle s'était mise en stand by, elle revient, quelques années plus tard, plus violente encore, plus exterminatrice. Parfois il s’agit d’amis, parfois l’idée de la mort est plus insupportable encore, intolérable, incompréhensible, injuste, ça nous réveille la nuit, nous obsède, nous rend tellement impuissant. Et un jour dans un courrier, sous la dictée, « nous regrettons cette issue fatale ».

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29 août 2006

Doute

DSCN0609Je ne sais pas quel hasard me fait ouvrir ce soir cette boîte à messages alors que je ne l'ouvre que très peu. Je pense que quelque inquiétude devait traîner dans ma tête de ne pas avoir de tes nouvelles ce soir. Voilà, c'est chose faite. Le petit doute est maintenant levé.

Tu m'as suffisamment dit que les choses n'étaient pas simples pour toi pour que je ne sois pas étonnée de ce que je viens de lire. J'y ai aussi ma part de responsabilité. Dire que je ne suis pas prête pour une histoire serait faux, je suis plus que prête ! Simplement, comme je te l'ai dit, les choses doivent aller très lentement pour moi. Il y a des choses que je ne t'ai dites qu'à demi-mots mais que peut-être tu auras comprises. Mon désert sentimental depuis plusieurs années m'a rendue distante et solitaire, c'est un fait certain. C'est comme si tout était à réapprendre. Je suis un animal effarouché qu'il faut apprivoiser... mais qui ne demande qu'à être apprivoisé. Je te raconterai ma vie pour que tu comprennes, il faut que j’arrive à parler de moi.

Je comprends très bien tes priorités, tes enfants, ta reconstruction, remettre de l'ordre dans ta vie, et encore je n'ai pas tous les tenants et aboutissants. Je n'ai pas tous ces soucis, les miens sont d'un autre ordre, il ne s'agit pas de reconstruction, il s'agirait plutôt de construction. Je suis très heureuse que nous nous soyons retrouvés, je n'aimerais pas que ce soit une voie sans issue, quelle que soit l'issue. Je ne veux pas non plus être un poids, que tu te crois "obligé de". Laissons les choses se faire, se défaire, peut-être se refaire. Je suis d'avis de toute façon que nous avons passé la 2ème sans avoir passé la 1ère.  Peut-être c'est trop tôt , peut-être c'est trop tard, je ne saurais pas le dire, une chose est sûre, moi aussi j'aime être avec toi. Mais chaque fois que je crois toucher quelquechose, les choses m'échappent... comme une fatalité, malgré moi ou à cause de moi, je ne sais pas le dire.

Je t'embrasse.

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27 août 2006

ciné

e8d93dd6dd60e8b55343e8a9b3d351c8Je vais très rarement voir de vieux films en noir et blanc, mais il me semblait que celui-ci je ne devais pas le rater. Je me suis décidée tard, j'y suis donc allée seule... comme d'hab !

Pas déçue, loin s'en faut ! Ce film date de 1968, à quelques années près aussi vieux que moi. On est averti dès le départ, ce film est interdit aux moins de 18 ans... comme les temps ont changé à ce niveau.

On entre directement dans le vif du sujet, si je puis dire. Ambiance cimetière isolé, une jeune femme et son frère qui vont sur la tombe de leur père et dans les quelques minutes qui suivent le début du film, le premier zombie apparaît. Ce film est absolument génial et incontournable, comme ils disent, il fait sans aucun doute référence à tout ce qui a suivi dans le domaine. On est tenu en haleine pendant les 90 mn de sa durée. Tout y est, l'angoisse, la peur, la folie, la bravoure de certains, la bêtise d'autres, la fatalité, l'horreur, le noir, le blanc, femmes et hommes, enfant même, chacun réagissant différemment. Et puis cette fin, si différente de ce dont nous ont habitués les films américains d'aujourd'hui, où le héros, noir, est abattu par de vaillants citoyens vengeurs.

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19 août 2006

Quelques mots d'elle

Elle a parlé, parlé, parlé, comme elle sait le faire, parlé d'elle, de son désir de vivre, comme si elle s'était mise en retrait de la vie depuis dix ans, comme si ce qui a fait sa vie depuis dix ans, son mari avec qui elle a vécu quinze ans, son fils, dix ans, né handicapé, et sa petite, quatre ans, pétillante et turbulente, comme si tout ça était comme un sac posé à côté d'elle, un sac qu'elle va trimbaler dorénavanant, qu'elle devra ouvrir régulièrement, un sac lourd à porter, dont elle va s'alléger, qu'elle pourra aussi poser dans un coin pour pouvoir aller danser ailleurs.

Elle a parlé d'elle, de sa liberté bientôt retrouvée, de ses projets, de ses rêves, de ce que sera sa vie. Elle a parlé de ses ami(e)s, de ceux avec qui elle va partager le plus clair de son temps dorénavant, en tout cas le temps que lui permettra la garde alternée. Les yeux ailleurs, les rêves ailleurs, les idées ailleurs, elle refuse d'entendre ou d'écouter même tout ce qui pourrait être négatif, triste.

J'étais à côté d'elle, je l'écoutais, je commentais, j'allais dans le sens qu'elle m'indiquait puisque c'est cela qu'elle attendait, si je déviais elle n'entendais plus. Si je parlais de moi, de mes peurs, de mes angoisses, de mes interrogations, alors je n'obtenais plus de réponse. Mes peurs ne l'intéressaient que si elles ressemblaient aux siennes, elle me confondait alors avec elle. Mes histoires ne l'intéressaient que si elles la faisaient rêver. Le reste de moi je crois qu'elle l'a mis dans sa valise, ça ne l'intéresse pas, elle verra ça plus tard.

Peu importe, nous sommes en difficulté toutes les deux même si nos difficultés ne se ressemblent pas. Je la connais bien, elle m'est et me restera indispensable, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup.

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18 août 2006

Croatie - dernière

L'île de Mljet

Classée parc national, on trouve dans cette grande île deux lacs salés et au milieu de l'un d'eux un îlot sur lequel a été construit un monastère. Inutile de préciser que le paysage est magnifique et que l'eau claire nous invite à y plonger. Un grand regret à propos de l'excursion que nous avons faite là-bas, aucune explication ne nous y a été donnée, hors celle concernant les rotations de bâteaux, de même que du monastère nous n'avons pu voir que la petite chapelle.

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Le temps s'assombrit, la semaine passée là-bas se termine.

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Nous n'aurons vu de la Croatie qu'une minuscule partie mais qui nous a donné envie d'y revenir. Inutile de passer par les agences de voyage, sauf peut-être pour pouvoir bénéficier de visites guidées, l'hébergement y est très facile. Les croates vivent du tourisme, un peu comme en Grèce à l'arrivée des bâteaux ils se plantent aux feux rouges des grandes villes avec une petite affichette pour proposer l'hébergement.

Il faut aussi aller voir dans le nord de la Croatie. On m'avait parlé avant que je parte du parc de Plitvice à ne surtout pas manquer... il faudra donc que j'y retourne.

Et puis, cerise sur le gâteau, ou plutôt fleur sur l'arbre, je ne résiste pas à l'envie de vous montrer ces photos d'arbres avec leurs grosses grappes de fleurs roses superbes que je ne connais pas chez moi. Quelqu'un peut me dire ce que c'est ?

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16 août 2006

Remettre les rouages en route

Le réveil a sonné trop tôt ce matin. J'avais oublié combien il fallait se lever plus tôt le mercredi. On dirait une ville au mois d'août. Je mets moins de temps pour arriver à l'hôpital. Il y a de la place pour se garer.

Je pensais trouver en arrivant la "femme de ménage" (à l'hôpital on dit l'ASH) et un café tout prêt à être bu, mais elle est encore en congés et ne reviendra que la semaine prochaine. Je trouve, en revanche, sa petite remplaçante d'été que je ne connais pas. Présentations brèves.

Arrive alors l'abruti... Je sais, ce n'est pas très gentil, mais c'est comme ça. C'est celui qui me trouve toujours belle. Je ne supporte pas sa mièvrerie. Il n'est pourtant pas vilain, le garçon, mais allez savoir pourquoi, je n'explique pas du tout la chose, mais je ne le supporte pas, c'est épidermique. Incompatibilité de caractère en ce qui me concerne. Je ne sais pas, c'est peut-être une question de signe. Je fais quand même un effort et lui demande comment se sont passés ses congés. En vérité, je m'en fiche totalement, mais il est le seul pour l'instant à être là.

Retour dans mon cercle de travail.

J'allume l'ordinateur, fait semblant de feuilleter quelques courriers faits en mon absence et qu'il va me falloir classer. Il faut se mettre au courant. Je m'arrête à la troisième lettre. Les rouages sont durs à remettre en route, il leur faut un peu d'huile (... du café !).

Et puis j'entends des clés qui cognent contre une porte de placard, l'infirmière arrive. On va pouvoir commencer à parler, parler de nos vacances d'abord, parler ensuite de ce qui s'est passé depuis trois semaines. Mais déjà les premiers patients arrivent, se succédent même, avec leurs angoisses. Le téléphone aussi se réveille. Les rouages de la machine se mettent en branle, le redémarrage est enclenché. Pas vraiment le temps de discuter davantage pour le moment. Il faut monter voir le travail qui attend.

Je trouve le patron dans son bureau, une cigarette à la main. Deux autres mégots sont écrasés dans le cendrier. Lui non plus n'a pas arrêté. Depuis combien de temps est-il là ? Il est plongé, ou perdu, je ne sais, dans les lignes d'un livre posé sous ses yeux. Un peu plus tard dans la journée je le surprendrai à nouveau dans cette même position, je ne suis pas sûre qu'il ait tourné les pages. Nous échangeons un sourire, une poignée de main, quelques mots. Comment va-t-il ? A-t-il pu partir quelques jours ? Oui, la Croatie était très belle. Il relève la tête, mais sa peine est encore là. Nous le savons tous.

Je redescend à mon poste. Cette fois les rouages tournent à leur rythme normal. Ils ne grincent pas. J'accueille au téléphone et derrière mon bureau les patients qui arrivent. Je laisse leur colère à ceux qui m'en font part, je peux l'accepter, elle ne m'atteindra pas aujourd'hui, je viens de reprendre le boulot. Le choc n'est pas violent, les choses se font en douceur. Ma collègue est arrivée.

J'en sais maintenant un peu plus sur ce qui s'est passé ces dernières semaines. Et puis, brusquement, le rouage se crispe quand, reparlant de son prochain départ en retraite, à la fin de cette année, elle m'annonce que la Direction n'a pas l'intention de la remplacer. QUOI !!!!

C'est absolument impossible. Ils ne se rendent pas compte. Nous étions quatre. Une est partie le mois dernier, mutée ailleurs pour raisons familiales. Une nouvelle l'a donc remplacée, complètement angoissée à la vue de la masse de travail qui l'attend, peu sûre d'elle, pas assez efficace malgré toute sa bonne volonté.

Une autre ne travaille qu'à 80 % pour pouvoir mieux se consacrer à sa vie de famille. Efficace certes, mais elle prend décidément les choses trop à coeur, elle n'a pas assez de détachement face aux humeurs mauvaises de certains médecins. Je la comprends, nous en parlons, il est vrai aussi que je n'ai pas le même contact qu'elle avec ces mêmes médecins.

La troisième, donc, attend avec impatience son départ en retraite prématurée. C'est son choix, je le respecte, mais pour moi c'est une angoisse de plus. C'est ma plus vieille collègue, une quinzaine d'années que nous travaillons ensemble. C'est avec elle que je préfère travailler pour son caractère, son charisme, la quantité et la qualité du travail qu'elle abat, ce même travail que je ne vois pas très bien comment nous allons pouvoir nous le partager alors même que nous sommes déjà chacune surchargées si jamais elle n'était pas remplacée.

La quatrième, c'est moi...

Notre équipe de quatre ne trouve, ne trouvait, son équilibre que quand nous étions toutes là. C'est à dire, en réalité, pas si souvent que cela, entre les récupérations, les vacances et autres congés maladie des unes ou des autres. Qu'allons nous devenir à deux et demi ? Le demi c'est pour la nouvelle qui a beaucoup de mal, ce n'est pas une critique à son égard, c'est la réalité. Cette idée est une nouvelle angoisse et j'ai très peur de ce qui m'attend en cette fin d'année.

Me voilà bel et bien remise dans l'ambiance !

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15 août 2006

Hibernation estivale

Il est temps que je reprenne le travail, le temps des vacances a assez duré. Je crois que je m'y confine un peu trop ces derniers jours. Hibernation estivale. Si ça se prolonge encore, je vais perdre totalement l'usage de la parole.

Pourtant les mots aujourd'hui n'en peuvent plus de raisonner dans ma tête. Aujourd'hui j'ai besoin de dire... peu importe quoi, simplement dire, enfin échanger. Alors j'écris. Je ne sais pas décrocher mon téléphone, il faudrait qu'il sonne, qu'il me réveille.

J'entends plus que je n'écoute les mots des autres dans le poste de radio. J'entends le débit de paroles et cette façon effrénée qu'ont de parler les passionnés qu'on peut à peine couper dans leur élan. Comme je les envie. Je n'ai pas ce don de parole, pas de passion non plus, pas au sens ou je l’entends du moins.

J'ai pris des notes ce matin. Des mots, des phrases, isolés, qui jaillissaient, ces mêmes mots que je vous écris ce soir.

Je suis dans ma maison comme dans une bulle. Je l'ai déjà dit, je m'y sens bien... trop. Elle est faite de telle façon qu'il n'est pas nécessaire d'ouvrir les volets devant pour y voir clair. La porte fenêtre y fait largement entrer la lumière et l'air aussi. Il faut que portes et fenêtres soient ouvertes. Il faut que l'air circule... Il n'y a d'ailleurs que l'air qui circule ici.

Je suis en liberté, sans contrainte. Je prends mon temps pour faire les choses. Personne ne m'attend. Il faut juste que je fasse ça, ça et ça aujourd'hui, c'est ce que je me suis dit. Ainsi la journée passe. Quel est le sens de tout ça ?

Je suis en liberté, sans contrainte. Personne pour me freiner quand je reprends une cigarette alors que je viens à peine d'écraser la précédente, alors que j'ai déjà mal à la tête, alors que mon coeur bat trop vite sous l'effort, alors que j'avais presque arrêté il y a quelques semaines... Trop faible !

Je suis en liberté, sans contrainte, sans amis, en vacances pour la plupart, sans même de voisins. Personne ne pensera donc : "Tiens, elle est encore seule aujourd'hui, c'est étrange. C'est si calme chez elle". Forcément, ils doivent penser cela.

Qu'il me tarde de rencontrer celui qui me sortira de cette léthargie. Je me demande d'ailleurs s'il existe ce quelqu'un qui aurait la patience de m'apprivoiser, de me mettre en confiance, de respecter cet espace de liberté qui m'est nécessaire, m'oublier pendant deux ou trois jours, m'oublier pour mieux me retrouver et puis me parler, me faire parler, me faire exister.

Il est temps que je reprenne le travail. Non pas tant pour travailler, mais pour sortir de ma bulle. Demain je vais m'habiller, me maquiller, sourire, échanger.

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