15 août 2006

Hibernation estivale

Il est temps que je reprenne le travail, le temps des vacances a assez duré. Je crois que je m'y confine un peu trop ces derniers jours. Hibernation estivale. Si ça se prolonge encore, je vais perdre totalement l'usage de la parole.

Pourtant les mots aujourd'hui n'en peuvent plus de raisonner dans ma tête. Aujourd'hui j'ai besoin de dire... peu importe quoi, simplement dire, enfin échanger. Alors j'écris. Je ne sais pas décrocher mon téléphone, il faudrait qu'il sonne, qu'il me réveille.

J'entends plus que je n'écoute les mots des autres dans le poste de radio. J'entends le débit de paroles et cette façon effrénée qu'ont de parler les passionnés qu'on peut à peine couper dans leur élan. Comme je les envie. Je n'ai pas ce don de parole, pas de passion non plus, pas au sens ou je l’entends du moins.

J'ai pris des notes ce matin. Des mots, des phrases, isolés, qui jaillissaient, ces mêmes mots que je vous écris ce soir.

Je suis dans ma maison comme dans une bulle. Je l'ai déjà dit, je m'y sens bien... trop. Elle est faite de telle façon qu'il n'est pas nécessaire d'ouvrir les volets devant pour y voir clair. La porte fenêtre y fait largement entrer la lumière et l'air aussi. Il faut que portes et fenêtres soient ouvertes. Il faut que l'air circule... Il n'y a d'ailleurs que l'air qui circule ici.

Je suis en liberté, sans contrainte. Je prends mon temps pour faire les choses. Personne ne m'attend. Il faut juste que je fasse ça, ça et ça aujourd'hui, c'est ce que je me suis dit. Ainsi la journée passe. Quel est le sens de tout ça ?

Je suis en liberté, sans contrainte. Personne pour me freiner quand je reprends une cigarette alors que je viens à peine d'écraser la précédente, alors que j'ai déjà mal à la tête, alors que mon coeur bat trop vite sous l'effort, alors que j'avais presque arrêté il y a quelques semaines... Trop faible !

Je suis en liberté, sans contrainte, sans amis, en vacances pour la plupart, sans même de voisins. Personne ne pensera donc : "Tiens, elle est encore seule aujourd'hui, c'est étrange. C'est si calme chez elle". Forcément, ils doivent penser cela.

Qu'il me tarde de rencontrer celui qui me sortira de cette léthargie. Je me demande d'ailleurs s'il existe ce quelqu'un qui aurait la patience de m'apprivoiser, de me mettre en confiance, de respecter cet espace de liberté qui m'est nécessaire, m'oublier pendant deux ou trois jours, m'oublier pour mieux me retrouver et puis me parler, me faire parler, me faire exister.

Il est temps que je reprenne le travail. Non pas tant pour travailler, mais pour sortir de ma bulle. Demain je vais m'habiller, me maquiller, sourire, échanger.

Posté par mirae à 18:30 - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Hibernation estivale

    Bonsoir Mirae...demain tu nous raconteras comment ça s'est passé au travail?

    Posté par Coumarine, 15 août 2006 à 23:42 | | Répondre
  • C'est étrange : celui que tu appelles de tes voeux sera là un de ces tous prochains jours. C'est étrange comme prémonition.
    Mais il faut dire que tu sais si bien parler de "Lui".

    Posté par Olivier, 16 août 2006 à 00:50 | | Répondre
  • Coumarine > Ce qui suit répond à ta question

    Olivier > Quel est ce don de voyance que je ne te connaissais pas ?

    Posté par mirae, 16 août 2006 à 20:22 | | Répondre
  • Ah mais aurai je donc tous les dons ?....

    Posté par Olivier, 17 août 2006 à 01:13 | | Répondre
  • Côté téléphone, j'ai l'impression d'être comme toi; j'ai beaucoup de mal à passer des coups de fil alors que répondre me semble plus simple (quoique...). Je crois que je n'aime pas le tééphone, je préfère voir les gens avec qui je parle.

    Posté par berlioz, 31 août 2006 à 09:50 | | Répondre
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